Les Apaches de la Seconde Guerre mondiale étaient bien plus brutaux que vous ne l’imaginez. NF

Les Apaches de la Seconde Guerre mondiale étaient bien plus brutaux que vous ne l’imaginez.

Les Apaches pendant la Seconde Guerre mondiale étaient bien plus brutaux que vous ne l’imaginez — L’histoire a tout caché

Et si tout ce qu’on vous a enseigné sur la Seconde Guerre mondiale avait été soigneusement remanié pour dissimuler les opérations militaires les plus troublantes jamais menées à l’étranger ? Et si les combattants qui ont employé des méthodes si brutales, si dévastatrices psychologiquement que leur propre gouvernement a classé confidentielles les archives pendant 80 ans, n’étaient pas étrangers, mais Américains ? Avant de révéler ce que l’armée a enfoui dans les archives classifiées de Fort Wuka, de la base aérienne d’Andrews et de l’annexe des Archives nationales à Kansas City, j’ai besoin de votre intervention.

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Le matin du 8 décembre 1941, 23 heures après l’incendie de Pearl Harbor, un télégramme parvint à la réserve apache de San Carlos, en Arizona. Le papier était un document standard du Département de la Guerre, mais le message qu’il contenait était tout sauf ordinaire. Il exigeait la présence immédiate des membres du conseil tribal à Fort Wuka, invoquant une question de sécurité nationale et de préservation culturelle.

À la tombée de la nuit, douze anciens apaches avaient traversé le désert de Sonora pour rejoindre l’installation militaire. Ce qui s’était passé lors de cette réunion ne figurerait jamais dans les archives officielles de la guerre. La salle de conférence était sans fenêtres, éclairée par une simple ampoule suspendue qui projetait de longues ombres sur les murs de béton. Assis en face des anciens se trouvaient trois hommes en uniforme militaire, sans insigne ni marque de grade.

Le plus âgé des officiers, un homme que les Apaches appelleraient plus tard simplement le colonel, déposa une pochette en cuir sur la table, sans l’ouvrir. « Messieurs, » commença-t-il, sa voix trahissant un léger tremblement qui laissait deviner soit l’épuisement, soit une intention plus sombre. « Nous allons vous demander de nous aider à gagner une guerre par des méthodes qui ne seront jamais reconnues ni par ce gouvernement ni par aucun autre. »

Ce dont nous allons discuter ce soir sera classifié à un niveau supérieur même à celui de notre programme nucléaire. Si vous acceptez notre proposition, vous formerez des hommes à devenir ce que le monde n’a pas vu depuis que vos ancêtres ont combattu dans ces mêmes montagnes. Vous créerez des fantômes. Le chef tribal, un homme nommé Joseph Tissosce, étudia longuement le visage de l’officier avant de répondre.

Sa réponse, consignée dans un unique fragment déclassifié qui a refait surface en 2014, était glaçante de simplicité. Nos grands-pères savaient comment terroriser un ennemi. Si vous voulez que nous enseignions cet art à vos soldats, sachez qu’il a un prix. Une fois qu’un homme a appris à se mouvoir comme le vent et à tuer comme le puma, il ne retrouve plus facilement la tranquillité d’un homme qui dormait paisiblement.

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Ce que proposait l’armée allait bien au-delà des célèbres codeurs navajos qui seraient plus tard reconnus et honorés. C’était tout autre chose. Il s’agissait d’utiliser comme armes d’anciennes tactiques de guérilla apaches, des techniques de guerre psychologique transmises oralement, et de les combiner à un entraînement militaire moderne pour créer des unités capables d’opérer dans les zones les plus reculées des théâtres d’opérations du Pacifique et d’Europe.

Le programme n’a reçu aucun nom officiel dans les documents retrouvés. Les chercheurs, qui ont passé des décennies à reconstituer des fragments provenant de sources disparates, le désignent simplement sous le nom d’Initiative de guerre de l’ombre. En janvier 1942, les premiers volontaires arrivèrent dans un centre nouvellement construit à 48 kilomètres au nord-est de Fort Wuka, dans un canyon encaissé qui avait autrefois servi de terrain de chasse aux Apaches.

Le lieu fut choisi délibérément. L’armée souhaitait que les recrues ressentent la présence de leurs ancêtres afin de puiser dans un instinct primitif impossible à inculquer dans les camps d’entraînement classiques. Cent quarante-sept hommes se présentèrent à l’entraînement. Seuls soixante-trois le terminèrent. Les autres disparurent tout simplement des registres militaires. Leurs familles reçurent des télégrammes les informant de leur mutation à des postes classifiés.

Aucune autre information n’a jamais été fournie. L’entraînement qui s’est déroulé dans ce canyon pendant les six mois suivants a été décrit, dans des témoignages fragmentaires et des documents partiellement expurgés, comme dépassant tout ce que l’armée avait tenté auparavant ou depuis. Les hommes ont appris à se déplacer sur ce terrain accidenté sans déranger une seule feuille, à s’orienter grâce aux étoiles et à l’odorat, à survivre pendant des semaines derrière les lignes ennemies sans aucun ravitaillement.

Et, plus inquiétant encore, infliger une terreur psychologique capable de briser la volonté de l’ennemi bien avant que l’affrontement physique ne devienne nécessaire. Une entrée du journal du lieutenant Robert Chen, l’un des trois seuls officiers non apaches autorisés à observer l’entraînement, a été découverte parmi ses effets personnels après sa mort en 1998. L’entrée, datée du 14 mars 1942, se lit comme suit : « Aujourd’hui, j’ai vu quelque chose qui m’a fait me demander si nous sommes vraiment les gentils dans cette guerre. »

Les instructeurs ont fait la démonstration de ce qu’ils appellent la marche de la peur. Il s’agit de suivre une position ennemie pendant des heures, en laissant des traces de sa présence, sans jamais se révéler. On déplace légèrement des objets. On laisse des marques qui suggèrent le passage d’une force inhumaine. On produit des sons que le cerveau humain ne peut identifier.

Au moment où l’engagement est effectif, l’ennemi est déjà psychologiquement vaincu. Il se bat contre des fantômes, et les fantômes sont invincibles. J’ai demandé au sergent Chino s’il s’inquiétait du sort de nos hommes à leur retour, après avoir appris ces techniques. Il m’a regardé avec des yeux qui semblaient bien plus vieux que ses 24 ans et a dit : « Ils ne reviendront pas tous, et ceux qui reviendront ne seront plus les mêmes. »

Je commence à comprendre ce qu’il voulait dire. Le premier déploiement de ces unités Apache a eu lieu en juin 1942. Douze hommes ont été infiltrés aux Philippines, où ils avaient pour mission d’opérer derrière les lignes japonaises dans la jungle dense de Mindanao. Officiellement, leur mission était le renseignement. La réalité était tout autre.

Ils menaient ce que les analystes militaires modernes qualifieraient d’opérations psychologiques hyperagressives, combinées à des assassinats ciblés, conçues pour semer la terreur avec un minimum d’engagement. Le lieutenant Yamamoto Kenji, un officier japonais dont le journal fut retrouvé après la guerre et traduit par les services de renseignement américains, y décrivait des rencontres avec ce qu’il croyait être des forces surnaturelles.

Son rapport du 3 août 1942 décrit un incident qui a coûté la vie à 20 de ses hommes sans qu’un seul coup de feu n’ait été tiré. Nous avons trouvé le sergent Nakamura pendu à un arbre à l’aube. Sa gorge avait été tranchée, mais il n’y avait pas de sang au sol. Autour de l’arbre, il y avait des marques que nous n’avons pas pu identifier. Des symboles qui semblaient bouger lorsqu’on les regardait directement.

Cette nuit-là, nous avons entendu dans la jungle des bruits que je n’avais jamais entendus auparavant. Ni animaux, ni humains, autre chose. Au matin, six autres hommes gisaient morts. Chacun avait été tué dans son sommeil, les yeux grands ouverts comme s’ils avaient vu quelque chose qui leur avait glacé le sang. Nous n’avons trouvé aucune trace de pas, aucune trace de dérangement, rien qui puisse indiquer la présence d’un être humain dans notre campement.

Mon supérieur nous a ordonné d’abandonner cette position. Les hommes sont terrifiés. Ils parlent de démons et d’esprits. J’ignore ce qui nous traque, mais il est en train de gagner. Ce que Yamamoto ignorait, et qui ne serait révélé qu’en 2006 par la déclassification partielle de documents classifiés, c’est que deux soldats apaches seulement étaient responsables de la mort de ces troupes japonaises et de l’effondrement psychologique de tout un bataillon.

Les techniques qu’ils ont employées n’ont jamais été officiellement documentées, mais des bribes d’informations suggèrent qu’ils combinaient les méthodes furtives traditionnelles des Apaches avec des composés chimiques nouvellement développés, conçus pour produire des effets hallucinogènes lorsqu’ils étaient absorbés par la peau, ainsi qu’avec des dispositifs acoustiques générant des fréquences subsoniques connues pour induire une anxiété et une paranoïa extrêmes.

De retour au centre d’entraînement en Arizona, une deuxième vague de recrues suivait une préparation encore plus intensive. L’armée avait constaté, lors du premier déploiement, l’efficacité remarquable des méthodes apaches, mais elle souhaitait étendre et intensifier le programme. Fin 1942, le centre accueillait plus de 300 stagiaires et instructeurs.

L’endroit s’était également forgé une réputation inquiétante parmi les militaires stationnés à Fort Wuka. Des soldats rapportaient avoir vu des lumières dans le canyon à des heures indues, entendu des bruits inexplicables et rencontré des hommes de l’établissement dont les mouvements et les paroles semblaient profondément étranges. Un rapport rédigé par le capitaine James Morrison, psychiatre de la base, en novembre 1942, souleva des inquiétudes qui furent immédiatement classifiées et étouffées.

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Le rapport indique : « J’ai examiné 17 hommes ayant été en contact avec le personnel du centre de détention du canyon. Tous ont décrit des symptômes similaires : des cauchemars persistants, la sensation d’être observés, et une incapacité à se sentir en sécurité même dans des pièces fermées à clé et gardées. Trois d’entre eux ont demandé leur mutation vers des unités de combat, affirmant préférer affronter l’ennemi plutôt que de rester sur une base avec ce qu’un caporal a décrit comme des hommes qui n’étaient plus des hommes. »

J’ai tenté de visiter le centre pour évaluer l’état mental des stagiaires, mais ma demande a été refusée sur ordre de la hiérarchie. Je ne peux pas révéler mon identité. Je suis profondément préoccupé par ce qui se passe dans ce canyon et par ce qui arrivera lorsque ces individus seront déployés en zone de combat, sans aucun contrôle ni obligation de rendre des comptes. Ces inquiétudes étaient justifiées.

Entre 1942 et 1945, des unités d’Apache opérant en secret furent déployées sur tous les principaux théâtres d’opérations. Elles opéraient en Italie, en France, en Allemagne, dans les îles du Pacifique et en Chine. Leurs opérations n’étaient jamais coordonnées avec le commandement militaire régulier. Elles recevaient leurs ordres par une voie hiérarchique parallèle, relevant directement d’un bureau classifié du ministère de la Guerre, officiellement fictif.

Lorsque les unités militaires conventionnelles découvraient des preuves de leurs opérations, on leur fournissait des prétextes fallacieux impliquant des forces spéciales, des résistants locaux ou des pertes ennemies inexpliquées. Dans la forêt des Ardennes, durant la bataille des Ardennes, un bataillon allemand rapporta avoir été systématiquement anéanti par ce qu’il qualifiait de « soldats fantômes ».

Une lettre de l’Oberlitand Hans Richter à sa femme, interceptée par les services de renseignement alliés, décrivait les derniers jours de son unité. « Marta, je ne pense pas te revoir. Nous sommes traqués par quelque chose d’inexplicable. Chaque nuit, des hommes disparaissent. Nous les retrouvons des jours plus tard, si nous les retrouvons un jour. Toujours dans des endroits où il aurait dû être impossible d’atteindre sans que nous les voyions ou les entendions. »

Les Américains ont libéré une force venue d’un autre temps. Une force qui se souvient de l’époque où la guerre consistait à briser l’esprit avant le corps. Nos officiers nous ordonnent de tenir bon. Mais il n’y a pas de ligne. Il n’y a que la forêt et les créatures qui s’y meuvent. La nuit dernière, j’en ai aperçu une. Un simple éclair dans le clair de lune.

Il était couvert de marques et ses yeux reflétaient la lumière comme ceux d’un animal. Il me regarda et je sentis mon courage m’abandonner. Je comprends maintenant pourquoi nos hommes désertent. Ce n’est pas de la lâcheté. C’est l’instinct de survie. Certaines choses ne sont pas faites pour être combattues. L’unité allemande capitula trois jours plus tard, une première dans la guerre : un bataillon entier de Vermach se rendait sans avoir combattu directement.

Interrogés par les agents du renseignement américain, les soldats allemands ont tous raconté des histoires similaires de rencontres surnaturelles, de torture psychologique et d’un ennemi qui semblait être partout et nulle part à la fois. Les rapports de renseignement ont été immédiatement classifiés et retirés du circuit documentaire normal.

Dans le Pacifique, les opérations prirent une tournure encore plus extrême. À Okinawa, les défenseurs japonais commencèrent à signaler des attaques menées par ce qu’ils appelaient les « silencieux ». Il s’agissait de combattants ennemis qui ne parlaient jamais, ne se dévoilaient jamais complètement et semblaient capables d’infiltrer les positions les plus sécurisées sans déclencher d’alarme ni rencontrer de résistance.

Un rapport du haut commandement japonais, découvert après la guerre dans les ruines d’un bunker, décrit un incident où un poste de commandement entier a été retrouvé sans aucun corps, sans aucune trace de lutte ni de blessure externe. L’examen médical a suggéré qu’ils étaient morts d’un arrêt cardiaque provoqué par un stress extrême, selon les critères médico-légaux modernes.

Tout s’est passé la même nuit, à peu près à la même heure. Un rapport d’après-action du Corps des Marines américains, datant de mai 1945 et partiellement déclassifié en 2009, décrit la découverte des vestiges de ce qui était manifestement une opération secrète d’une unité Apache. Le rapport indique : « Nous avons progressé dans le réseau de grottes, nous attendant à une forte résistance, car les renseignements suggéraient qu’il s’agissait d’un important dépôt de ravitaillement et centre de commandement japonais. »

Nous avons découvert environ 80 combattants ennemis, tous morts. La scène était inédite pour moi, après trois ans de combats. Les corps étaient disposés selon des schémas qui semblaient délibérément conçus pour un impact psychologique maximal. Certains étaient placés de manière à donner l’impression qu’ils étaient encore vivants et observaient l’entrée. D’autres avaient été déplacés dans des endroits impossibles.

L’ensemble du complexe exhalait une odeur indéfinissable qui nous mettait tous profondément mal à l’aise. Mes hommes refusèrent de rester dans les grottes. Plusieurs furent pris de malaise. Nous avons marqué l’emplacement et nous sommes retirés. Je recommande que ce site soit scellé et évité. Ce qui s’est passé ici dépassait le cadre de la guerre conventionnelle. Au printemps 1945, alors que la guerre en Europe touchait à sa fin et que la campagne du Pacifique s’intensifiait, les unités secrètes apaches avaient accumulé un palmarès à la fois impressionnant et profondément troublant.

Ils avaient mené plus de 200 opérations documentées, bien que beaucoup estiment que le nombre réel était bien plus élevé. Leur bilan confirmé de victimes dépassait les 3 000 combattants ennemis. Mais plus important encore, ils avaient brisé le moral d’innombrables unités ennemies, provoqué des désertions massives et créé une arme psychologique qui a peut-être raccourci la guerre de plusieurs mois.

Mais il y avait un coût que l’armée n’avait pas anticipé et auquel elle n’était pas préparée. Les hommes transformés en ces guerriers de l’ombre ne redevenaient pas facilement des soldats ou des civils ordinaires. Dans les derniers mois de la guerre, des rapports commencèrent à parvenir du Pacifique, décrivant des incidents où des membres d’unités apaches ne répondaient plus aux ordres, avaient attaqué des forces amies qui les avaient surpris, ou avaient tout simplement disparu dans la jungle sans jamais revenir.

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Un rapport médical classifié d’un hôpital de campagne aux Philippines, daté du 19 juillet 1945, décrivait le traitement de trois soldats d’une unité d’ombre apache retrouvés errant dans un état que les médecins qualifiaient de psychose de combat, un cas inédit. Le rapport notait : « Ces hommes ne répondent pas aux interventions psychiatriques habituelles. »

Ils parlent des langues qui ne correspondent à aucun dialecte apache connu. Leurs capacités physiques semblent surhumaines. Sous sédation, ils présentent des phases de sommeil paradoxal associées à des traumatismes extrêmes. Mais à l’état de conscience normale, ils ne manifestent aucun signe évident de détresse. C’est comme s’ils existaient dans un état intermédiaire entre la pleine conscience et un autre mode d’être.

J’ai recommandé leur transfert vers des soins spécialisés, mais mes demandes ont été refusées. Un colonel, dont j’ai reçu l’ordre de taire le nom, m’a informé que ces hommes devaient être maintenus à l’isolement et que leur état ne devait en aucun cas être consigné dans leur dossier médical officiel. À la fin de la guerre et au début de la démobilisation massive, l’armée s’est trouvée confrontée à un problème crucial.

Ils avaient créé des tueurs surentraînés, conditionnés à opérer en dehors de toute règle normale de la guerre, psychologiquement modifiés pour adopter des méthodes violant toutes les conventions du combat civilisé, et qu’il fallait désormais réintégrer dans la société en temps de paix. La solution qu’ils ont trouvée était aussi froide que pragmatique.

Ils ont tout simplement fait disparaître la plupart des guerriers de l’ombre apaches des archives officielles. Sur les 237 hommes ayant suivi la formation de guerrier de l’ombre entre 1942 et 1945, seuls 68 figurent dans les documents militaires d’après-guerre. Les autres disparaissent de toute documentation après leur dernier déploiement. On a dit à leurs familles qu’ils étaient morts au combat, mais leurs corps n’ont jamais été restitués.

Aucune tombe ne fut jamais marquée. Aucun nom ne figura sur les monuments commémoratifs. Ils devinrent des fantômes après leur mort, comme ils l’avaient été pendant la guerre. Les rares qui revinrent officiellement furent envoyés dans un établissement qui n’apparaît dans aucun document officiel, mais qui est mentionné de manière indirecte dans plusieurs notes déclassifiées de la fin des années 1940. Situé quelque part dans les montagnes du Nouveau-Mexique, cet établissement était décrit comme un centre de réadaptation pour le personnel des forces spéciales.

Les lettres qui ont survécu, écrites par des hommes envoyés là-bas, dressent un tout autre tableau. Une lettre d’un soldat nommé Thomas Naich à son frère, datée du 6 octobre 1946, a été découverte des décennies plus tard dans des archives familiales. On peut y lire : « Ils nous disent qu’on nous aide, mais cet endroit est une prison. »

Ils nous isolent les uns des autres. Ils nous donnent des médicaments qui nous empêchent de réfléchir clairement. Ils nous interrogent sur ce que nous avons fait pendant la guerre. Mais quand nous répondons honnêtement, ils ont peur. Je crois qu’ils essaient de nous faire oublier. Mais on ne peut pas oublier ce qu’on est devenu. L’entraînement a tout changé. Nous avons appris à puiser dans des aspects de notre héritage qui étaient censés rester enfouis.

Nous sommes devenus ce contre quoi nos ancêtres nous avaient mis en garde, et maintenant ils veulent effacer leur œuvre. Je ne pense pas que beaucoup d’entre nous quitteront cet endroit. Si vous recevez un avis de décès, n’y croyez pas. Nous ne mourons pas facilement. Plus maintenant. L’acte de décès officiel de Thomas Nicha, daté du 3 novembre 1946, indique qu’il est mort d’une pneumonie dans un hôpital pour anciens combattants à Albuquerque, au Nouveau-Mexique.

Aucun dossier hospitalier ne confirme sa présence dans un établissement d’Albuquerque. Son corps n’a jamais été rendu à sa famille. Il avait 26 ans. Les disparitions ne cessèrent pas avec la fin de la guerre. De la fin des années 1940 aux années 1950, un phénomène inquiétant se dessina dans le sud-ouest des États-Unis. Des hommes apaches, dont beaucoup étaient trop jeunes pour avoir combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, commencèrent à disparaître des réserves d’Arizona, du Nouveau-Mexique et de l’Oklahoma.

Les rapports de police tribaux établis durant cette période décrivent un scénario récurrent. Les hommes recevaient la visite d’individus se faisant passer pour des recruteurs militaires ou des représentants du gouvernement. On leur parlait d’opportunités exceptionnelles, de programmes confidentiels et de façons de servir leur pays tout en honorant leur héritage.

Puis ils disparaissaient. Un rapport rédigé par l’agent Daniel Beay de la police tribale apache de San Carlos en avril 1952 décrit un cas de ce genre. Le matin du 9 avril, j’ai été appelé au domicile de Margaret Goen, qui a signalé que son fils, Michael, âgé de 23 ans, était parti trois jours auparavant avec deux hommes à bord d’une berline noire immatriculée par le gouvernement.

Elle a déclaré que les hommes avaient dit à Michael qu’il avait été sélectionné pour un programme spécial en raison de ses origines familiales. Ils ont mentionné son grand-père, Joseph Gosen, qui avait servi pendant la Seconde Guerre mondiale dans des fonctions classifiées. Margaret n’a plus eu de nouvelles de Michael depuis. Lorsque j’ai tenté de contacter le bureau de liaison militaire de Fort Wuka, on m’a indiqué qu’aucun recrutement de ce type n’avait eu lieu et qu’il était inutile d’insister.

On m’a également averti, sur un ton menaçant, que la poursuite de l’enquête nuirait à ma carrière et au bien-être de la communauté de la réserve. Ce que la police tribale ignorait, et qui ne deviendrait clair que des décennies plus tard, c’est que le programme des « guerriers de l’ombre » n’avait en réalité jamais pris fin.

Elle s’était simplement enfoncée plus profondément dans la clandestinité. Le début de la Guerre froide avait engendré de nouvelles exigences quant au type d’agents formés par le programme Apache. L’armée et la toute nouvelle CIA reconnaissaient que, dans un monde de tensions nucléaires et de guerres par procuration, la capacité de mener des opérations sans laisser de traces et à l’impact psychologique maximal était plus précieuse que jamais.

Une série de documents déclassifiés par inadvertance en 2017 a révélé qu’entre 1948 et 1963, un programme de formation, baptisé « Night Wind », a recruté et formé plus de 100 agents Apache supplémentaires. Ces hommes ont été déployés en Corée, au Vietnam, au Guatemala, en Iran et dans de nombreux autres endroits où les États-Unis menaient des opérations secrètes.

Contrairement à leurs prédécesseurs de la Seconde Guerre mondiale, ces agents n’ont jamais existé officiellement. Ils n’avaient ni dossier militaire, ni matricule, ni aucun document d’aucune sorte. En Corée, des récits circulaient, tant chez les Américains que chez l’ennemi, évoquant une présence qui errait dans les montagnes, une sorte d’esprit plutôt que de soldat. Un rapport de renseignement du Corps des Marines datant de décembre 1950, récemment découvert parmi des documents mal classés à Camp Pendleton, décrit l’interrogatoire d’un officier chinois capturé, retrouvé errant seul, apparemment séparé de son unité. L’officier, s’exprimant

Par l’intermédiaire d’un interprète, il a décrit avoir été confronté à ce qu’il a appelé le vent mortel. Selon le rapport, le prisonnier est devenu extrêmement agité lorsqu’on l’a interrogé sur la disparition de son unité. Il a insisté sur le fait qu’ils avaient été attaqués par des forces invisibles, qui n’avaient laissé aucune trace de leur passage, hormis les corps de ses camarades.

Il affirma que ces forces utilisaient des armes silencieuses, capables de tuer sans blesser, et qui semblaient apparaître et disparaître à volonté. Il déclara à plusieurs reprises avoir vu l’un de ces assaillants, décrit comme ayant des marques sur le visage qui brillaient dans l’obscurité et un regard qui le transperçait plutôt que de le regarder. Le prisonnier refusa de fournir davantage d’informations et sombra dans un état catatonique.

Il décéda trois jours plus tard d’un arrêt cardiaque aigu, diagnostiqué par le personnel médical comme étant provoqué par un traumatisme psychologique extrême. Aucune cause physique de décès ne put être établie. Au Vietnam, ce phénomène se poursuivit et s’intensifia. Entre 1964 et 1973, des rapports parvinrent de diverses sources concernant des agents des forces spéciales américaines qui semblaient opérer sans hiérarchie connue, utilisant des méthodes qui choquaient même les vétérans les plus aguerris et paraissant employer des techniques mêlant technologies modernes et pratiques ancestrales.

Plus ancien et primitif. Dans ses mémoires publiés en 1998, le capitaine Raymond Teller, ancien officier des Bérets verts, décrit une rencontre survenue en 1967 dans les Hauts Plateaux du Centre, qu’il avait gardée secrète pendant trente ans. Nous effectuions une patrouille de reconnaissance lorsque nous sommes tombés sur ce qui semblait être les vestiges d’une bataille.

Une compagnie entière de Viet Cong, environ 120 hommes, gisait morte dans une clairière, sans qu’aucun combat n’ait eu lieu. Aucune douille, aucun cratère d’explosion, aucune trace de violence. Les corps présentaient des causes de décès diverses. Mais ce qui m’a le plus frappé, c’était leur expression. Chacun d’eux semblait terrifié.

Leurs yeux étaient grands ouverts, leurs visages figés dans une expression d’horreur absolue. Certains semblaient être morts en tentant de fuir. D’autres paraissaient s’être suicidés. Nous avons trouvé trois personnes qui s’étaient tiré une balle dans la tête, préférant apparemment cette mort à l’horreur qui les attendait. Tandis que nous examinions les lieux, un de mes sergents m’a appelé sur la lisière de la forêt.

Là, gravés dans un grand acajou, se trouvaient des symboles que je ne reconnaissais pas. Ils semblaient être une sorte d’avertissement ou de balise. Mon guide du Montana les a examinés et a refusé d’aller plus loin. Il a dit que ces marques appartenaient aux chasseurs de l’ombre et que nous devions partir immédiatement. Alors que nous évacuions la zone, j’ai aperçu un mouvement dans la canopée de la jungle.

Pendant un bref instant, j’ai aperçu une silhouette peinte de motifs qui semblaient absorber la lumière plutôt que la réfléchir. Il nous observait, s’assurant que nous partions. Je n’ai jamais rédigé de rapport officiel sur ce que nous avons vu ce jour-là. Je savais qu’il serait classifié ou classé sans suite, mais j’y repense chaque jour depuis. La technologie employée par ces agents avait considérablement évolué depuis la Seconde Guerre mondiale.

Des documents de recherche déclassifiés de la division de guerre chimique et biologique de l’armée américaine révèlent que, tout au long des années 1950 et 1960, des recherches approfondies ont été menées sur des composés susceptibles de provoquer une peur extrême, de la paranoïa et des troubles psychologiques. Un résumé de recherche de 1961, classé secret défense, décrit des essais portant sur un composé désigné uniquement sous le nom d’« agent murmureur ».

D’après le document, l’agent Whisper a démontré une efficacité remarquable pour induire une anxiété aiguë et des hallucinations auditives chez les sujets testés. Administré à microdoses par absorption cutanée ou inhalation, il provoque chez les sujets des hallucinations auditives (voix), des distorsions visuelles et une paranoïa intense concernant leur environnement immédiat.

Les effets peuvent persister pendant 72 heures, voire plus. Combiné à des facteurs de stress environnementaux et à l’isolement, l’agent Whisper peut provoquer un effondrement psychologique complet chez des individus auparavant stables. Son utilisation est recommandée dans le cadre d’opérations psychologiques spécialisées où il est impératif de pouvoir nier toute implication dans l’utilisation d’agents chimiques.

Les recherches ne se limitaient pas aux agents chimiques. Un autre document de 1964 décrit des armes acoustiques conçues pour produire des fréquences subsoniques et ultrasoniques susceptibles de provoquer désorientation, nausées et, dans certains cas, des troubles cardiaques chez les populations cibles. Ces dispositifs étaient suffisamment petits pour être transportés par des agents individuels et pouvaient être déployés sans laisser de traces évidentes.

Un rapport de terrain du Vietnam datant de 1968 décrit le déploiement, par des forces spéciales non identifiées, d’une technologie codée « oiseau de nuit ». Le rapport indique : « Suite à ce déploiement, les forces ennemies dans la zone cible ont manifesté des signes d’hystérie collective. Des interceptions radio ont révélé qu’elles se croyaient attaquées par des forces surnaturelles. »

Plusieurs combattants ennemis ont été aperçus fuyant dans la jungle sans leurs armes. Plusieurs ont été retrouvés quelques jours plus tard, en état de détresse psychologique extrême, décrivant des expériences correspondant aux symptômes associés à l’exposition aux oiseaux nocturnes. L’opération a atteint ses objectifs sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré. Mais les révélations les plus troublantes concernant ce programme ne provenaient pas de documents officiels, mais des hommes qui avaient été recrutés et qui, miraculeusement, ont survécu pour témoigner.

En 2004, un ancien agent, utilisant le pseudonyme de David Knighthorse, contacta un journaliste pour lui révéler une histoire qu’il ne pouvait plus taire. L’article qui en résulta fut publié dans un petit média indépendant, puis rapidement retiré d’Internet. Seules quelques copies subsistèrent. Knighthorse y décrivait son recrutement en 1970, à l’âge de 19 ans, dans la réserve apache de Mescalero, au Nouveau-Mexique.

Ils m’ont dit que j’avais été choisi en raison de ma lignée, a déclaré Night. Ils ont dit que mon arrière-grand-père avait été l’un des guerriers d’origine et que je portais en moi quelque chose qui me rendait apte au programme. Ils m’ont emmené dans un centre que je ne parviens pas à situer sur une carte. Il était souterrain, creusé dans une montagne quelque part dans la région des Quatre Coins.

L’entraînement était inimaginable. On ne nous a pas seulement appris à nous battre ou à survivre. On nous a appris à puiser dans ce qu’ils appelaient la mémoire ancestrale. Ils utilisaient des drogues, la privation sensorielle, un stress extrême et des techniques que je ne comprends toujours pas entièrement pour démanteler notre conscience habituelle et la reconstruire en quelque chose de complètement différent.

Ils nous ont appris à évoluer dans le monde comme si nous n’en faisions pas pleinement partie, à devenir à la fois observateurs et acteurs, à percevoir des schémas invisibles pour le commun des mortels, à influencer autrui par notre seule présence. À la fin de la formation, je n’étais plus la même personne qu’à mon arrivée. Aucun de nous ne l’était. Nightighthorse a décrit avoir été déployé à plusieurs reprises entre 1971 et 1976 dans des lieux qu’il lui était interdit de révéler.

Nous étions infiltrés en territoire hostile avec des objectifs jamais clairement définis. Parfois, on nous ordonnait d’éliminer des cibles précises. D’autres fois, on nous demandait simplement de semer le chaos et la terreur. Nous utilisions toutes les techniques qui nous avaient été enseignées, aussi bien les méthodes traditionnelles apaches que les technologies modernes qu’ils avaient mises au point.

Nous étions d’une efficacité redoutable. Mais cela avait un prix. Chaque opération nous épuisait, nous déshumanisait, nous rapprochait des fantômes que nous prétendions être. Plusieurs de mes coéquipiers ont tout simplement disparu un jour, se sont perdus dans la nature sauvage et n’ont jamais été revus. D’autres ont craqué et ont dû être internés.

Ceux qui ont survécu ne parvenaient souvent pas à se réinsérer dans la vie normale. Nous en étions profondément marqués. Le journaliste qui a publié le récit de Nightighor, Michael Torres, a tenté de vérifier ces affirmations et s’est rapidement heurté à des obstacles insurmontables. Lorsqu’il a essayé d’obtenir des documents relatifs à ce programme en vertu de la loi sur la liberté d’information, on lui a répondu qu’un tel programme n’existait pas.

Lorsqu’il tenta d’interroger d’autres agents potentiels, il constata que la plupart étaient décédés, souvent dans des circonstances mystérieuses. En cherchant à localiser les installations décrites par Nighthorse, il découvrit des sites militaires dont les fonctions officielles étaient tout autres et dont l’accès était strictement interdit. Torres publia deux articles complémentaires avant d’interrompre brutalement toute enquête en 2006.

Dans son dernier article, il a écrit : « Des sources que je juge crédibles m’ont averti que la poursuite de cette enquête met en danger ma sécurité et celle de ma famille. On m’a clairement fait comprendre que certains sujets ne doivent pas être abordés par des journalistes civils. »

Il m’a été présenté des preuves que d’autres personnes ayant mené des enquêtes similaires ont subi des conséquences négatives importantes. Je mets donc fin à mon enquête sur cette affaire. Cependant, je tiens à préciser que je crois fermement aux éléments essentiels décrits par David Knight. Je suis convaincu que notre gouvernement a créé et déployé des agents formés à des techniques de guerre psychologique allant bien au-delà de tout ce qui a été publiquement reconnu.

Je crois que ces programmes sont peut-être encore opérationnels sous une forme ou une autre. Et je crois que les hommes qui ont servi dans ces fonctions méritent d’être reconnus pour leurs sacrifices, même si cette reconnaissance ne peut jamais être publique. Torres est décédé en 2009 dans ce qui a été considéré comme un accident de randonnée dans les montagnes près de Ta, au Nouveau-Mexique. Ses documents de recherche n’ont jamais été retrouvés.

On est sans nouvelles de David Knight depuis 2005. La preuve la plus récente de la persistance du programme est apparue en 2019, lorsqu’un document budgétaire du ministère de la Défense a été accidentellement divulgué sans expurgation avant d’être rapidement retiré. Parmi les centaines de pages de lignes budgétaires, une seule mention figurait : « Prolongation du programme Heritage Warrior, exercice 2020 : 12 $ ».

Trois millions de tricheurs. L’article ne fournissait aucun détail supplémentaire sur la nature du programme ni sur son lieu d’implantation. Interrogées par les commissions de contrôle du Congrès, les réponses indiquaient que l’article était lié à des programmes de préservation de la culture amérindienne sur des bases militaires. Aucune autre information n’a été divulguée, mais certains indices laissent penser que l’héritage du programme Shadow Warrior perdure au-delà de toute continuation officielle.

Au cours des deux dernières décennies, des rapports constants en provenance de zones de conflit à travers le monde ont fait état de rencontres avec des forces employant des tactiques remarquablement similaires à celles des forces apache. En Afghanistan, des combattants talibans ont rapporté avoir été terrorisés par ce qu’ils appelaient la « mort silencieuse », qui se déplaçait dans les montagnes et tuait sans bruit ni trace.

En Syrie, les forces de l’EI et les forces gouvernementales ont toutes deux été confrontées à des unités fantômes, capables d’apparaître et de disparaître à volonté grâce à des méthodes combinant haute technologie et techniques de guerre psychologique s’inspirant de traditions ancestrales. Des analystes du renseignement ayant étudié ces rapports, s’exprimant sous couvert d’anonymat, suggèrent que les techniques mises au point par le programme Apache Shadow Warrior ont été adoptées et adaptées par de nombreux services militaires et de renseignement à travers le monde.

L’idée fondamentale de ce programme, expliquait un analyste, était que la guerre la plus efficace se déroule sur le plan psychologique avant le plan physique. Si vous parvenez à briser la volonté de l’ennemi, à lui faire craindre l’obscurité, le silence, sa propre ombre, vous avez déjà gagné.

Ce que les Apaches avaient compris, et ce que l’armée a appris d’eux, c’est que ce type de guerre ne se résume pas à des tactiques. Il s’agit d’exploiter les peurs humaines primaires, celles qui sommeillent en inconscient. Une fois qu’on sait transformer ces peurs en armes, on crée une menace insurmontable. Les réserves où les premiers agents ont été recrutés sont devenues des lieux de profonds traumatismes collectifs.

Les anciens évoquent à voix basse les hommes partis et ceux qui sont revenus transformés. Des récits, transmis de génération en génération mais jamais consignés officiellement, parlent de vétérans revenus du programme incapables de dormir à l’abri des regards, parlant des langues inconnues de tous, comme s’ils vivaient à la fois dans ce monde et dans un autre.

Certaines communautés ont organisé des cérémonies pour tenter de purifier ces hommes des sévices qu’ils avaient subis, mais les résultats furent mitigés. Un guérisseur de la réserve de San Carlos, s’exprimant sous couvert d’anonymat en 2012, a décrit cette difficulté : « Les traditions ancestrales peuvent guérir bien des maux. Elles peuvent rétablir l’équilibre lorsqu’il est perturbé. »

Mais ce qui a été fait à ces hommes allait bien au-delà d’un simple trouble. C’était une altération fondamentale de leur être. L’armée a pris nos guerriers et les a transformés en êtres qui n’appartiennent ni pleinement au monde humain, ni pleinement au monde spirituel. Ils ont créé des êtres qui existent entre les deux. Certains de ces hommes vivent encore aujourd’hui dans des lieux reculés, incapables de retrouver une vie normale.

Il nous arrive de leur laisser de la nourriture aux anciens endroits. Elle a disparu le matin, mais nous ne savons jamais qui la prend. Les familles des hommes disparus dans le cadre de ce programme portent elles aussi un lourd fardeau. Elles vivent avec la certitude que leurs proches ont servi leur pays d’une manière qui ne sera jamais reconnue, par des méthodes indicibles et au prix d’un sacrifice incommensurable.

Certaines familles espèrent encore des réponses. D’autres ont perdu espoir et tentent simplement de se souvenir des hommes qu’étaient leurs pères, frères et fils avant leur disparition. Aux Archives nationales, dans les sections classifiées dont l’accès requiert une habilitation de sécurité maximale, il existerait des armoires entières consacrées au programme Shadow Warrior et à ses différentes versions.

Ces archives contiennent des rapports opérationnels, des documents de formation, des dossiers médicaux et des évaluations psychologiques qui dressent le portrait de l’une des expériences militaires les plus extrêmes de l’histoire américaine. Elles renferment également des lettres, des effets personnels et des photographies des hommes qui y ont participé. Des hommes dont, dans bien des cas, on ne retrouve aucune trace par ailleurs.

Des hommes devenus fantômes par choix et le sont restés par nécessité. La question qui hante les chercheurs qui ont tenté de reconstituer cette histoire n’est pas de savoir si le programme a été efficace. Toutes les preuves disponibles suggèrent qu’il l’a été extraordinairement. La question est de savoir ce que nous avons créé dans ce processus et si cela peut jamais être effacé.

Les hommes qui ont suivi cet entraînement ont subi des transformations profondes, peut-être irréversibles. On leur a appris à accéder à des aspects de la conscience humaine que la plupart des gens n’atteignent jamais. On leur a fourni des outils, à la fois technologiques et psychologiques, leur conférant des capacités quasi surnaturelles.

Ils furent ensuite déployés dans des situations où ces capacités étaient non seulement tolérées, mais encouragées. Certains de ces hommes sont encore en vie. Ils vivent en marge de la société, dans des lieux reculés, sous de fausses identités. Ils ont aujourd’hui entre 80 et 90 ans. Mais d’après ceux qui les ont rencontrés, ils restent redoutables et profondément inquiétants.

Ils agissent différemment. Ils perçoivent des choses que les autres ne voient pas. Ils vivent dans un état d’alerte constant, qui ne les libère jamais totalement. Pour la plupart des soldats, la guerre s’est terminée en 1945 ou 1973, ou à la fin de leur service. Pour les combattants de l’ombre, la guerre n’a jamais pris fin. Elle a simplement changé de théâtre d’opérations.

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L’ennemi a changé de visage, mais sa nature fondamentale est restée la même. Et des preuves troublantes et persistantes indiquent que de nouvelles recrues sont encore en formation. Que quelque part dans le désert du sud-ouest, ou peut-être en plusieurs endroits, de jeunes Apaches sont encore approchés avec la promesse de servir leur pays de manière exceptionnelle.

Les techniques et les connaissances développées au fil de décennies d’opérations secrètes sont perfectionnées et transmises aux nouvelles générations. Le programme, officiellement inexistant, le restera. Mais ses effets se répercutent à travers le temps, engendrant des guerriers qui ne seront jamais honorés, des batailles jamais consignées et des victoires jamais célébrées.

Si vous avez suivi cette histoire jusqu’au bout, vous détenez désormais des informations délibérément cachées au public pendant huit décennies. Vous connaissez un programme qui a transformé des hommes en armes de guerre psychologique. Vous connaissez des opérations qui ont bafoué toutes les conventions du combat civilisé. Vous connaissez le prix payé par des individus, des familles et des communautés entières pour que des guerres puissent être gagnées par des méthodes qu’il était impensable de reconnaître.

Ce savoir s’accompagne d’une responsabilité : celle de se souvenir du passé, d’honorer ceux qui se sont sacrifiés, même lorsque leur sacrifice ne peut être reconnu publiquement, et de s’interroger sur ce que nous sommes prêts à faire au nom de la sécurité nationale. Mais au-delà de l’histoire, de l’horreur et des vérités occultées, se cache un message plus profond.

Le programme Shadow Warrior a réussi car il a exploité les forces obscures, car il a adopté des méthodes déshumanisantes, tant pour l’ennemi que pour ceux qui les employaient. Il a remporté des victoires par la peur et la destruction psychologique. Il était efficace, mais pas juste. En méditant sur cette histoire, je vous encourage à vous tourner vers la lumière plutôt que vers les ténèbres.

Chercher la vérité dans les enseignements de Jésus-Christ, qui nous a montré que la véritable force ne vient pas de la peur qu’il inspire, mais de l’amour qu’il incarne. Que la véritable victoire ne se trouve pas dans la destruction d’autrui, mais dans son élévation. Dans un monde qui continue de s’abandonner aux ténèbres, choisissons de suivre celui qui a dit : « Je suis la lumière du monde. »

« Deuxièmement, les hommes de cette histoire ont été contraints de sombrer dans les ténèbres. Vous avez le choix de devenir meilleur. Les dossiers restent scellés. Les programmes se poursuivent. Les fantômes errent encore. Mais s’ils s’avanceront vers la lumière ou resteront dans l’ombre, la question demeure sans réponse, enfouie dans l’obscurité classifiée des archives gouvernementales et les souvenirs silencieux de guerriers qui ne pourront jamais rentrer chez eux. »

Note : Certains contenus ont été créés à l’aide de l’IA (IA et ChatGPT) puis retravaillés par l’auteur afin de mieux refléter le contexte et les illustrations historiques. Je vous souhaite un passionnant voyage de découverte !

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